Triangle Drama
- 2 juil.
- 3 min de lecture
Avez-vous déjà eu l'impression de donner sans jamais recevoir, que vos efforts, votre implication, votre gentillesse ne sont pas reconnus à leur juste valeur? Votre générosité n'attend rien retour. Enfin... un minimum de respect et de reconnaissance. Eh bien sachez que dans cette manière de donner, vous contribuez inconsciemment à ce que l'on déprécie votre élan envers l'autre. Cela paraît très injuste, après tout, votre intention semble louable et il est certainement hors de question pour vous de changer votre nature. Dans un autre article, je vous ai parlé de la dualité et des nuances. Et bien ici c'est la même chose. Il ne s'agit pas d'être ou de ne pas être dans le partage, mais plutôt de trouver les légères nuances qui vous permettront de continuer d'honorer vos valeurs, mais fermeront la porte aux comportements déplacés, irrespectueux et à l'abus.
Avant de vous proposer quelques clés, voici un éclairage sur ce qui se passe. Peut-être avez-vous déjà entendu parler du triangle dramatique, ou triangle de Karpman. Il s'agit d'une illustration d'un comportement que nous avons tous au quotidien à différents niveaux dans nos interactions avec l'autre. Nous prenons successivement les rôles de "victime", de "bourreau" ou de "sauveur". Je vous laisse deviner quel est le rôle que vous prenez instinctivement, vous qui êtes toujours de bonne intention, qui préservez l'autre, qui proposez de l'aide... Bienvenue dans le club des sauveurs, parmi lesquels nous trouvons beaucoup de professionnels de l'accompagnement, de la santé et du bien-être. Un profil de personnes qui se dédient avec abnégation à une cause. Mais attention, ne croyez pas que les autres sont des victimes ou des bourreaux par nature. En réalité au quotidien peu sont les personnes qui écoutent réellement l'autre. En revanche, nous avons tous besoin d'être écoutés, pris en compte, et nombreuses sont les personnes qui pensent tout haut et expriment ainsi leur mal-être et leurs frustrations. Du pain bénit pour le sauveur qui n'attend ( et n'entend) qu'une chose, c'est de les sauver... Mais voilà, la victime qui se plaint n'a pas forcément envie d'être sauvée. Elle n'a d'ailleurs rien demandé, elle n'a fait que s'exprimer. Cette situation dont elle se plaint n'est pas forcément "à régler" pour elle. Donc lorsque le sauveur essaie de changer une situation qui lui semble problématique, alors que l'autre n'a rien demandé, la "victime" deviendra "bourreau", et le "sauveur" deviendra "victime". L'autre qui est perdu dans ses pensées, qu'il a exprimé à haute voix sans vraiment s'en rendre compte, exprimera sous la forme de désagréabilité l'idée suivante : de quoi vous mêlez-vous ?!
Et ces changements de rôle se font sans être conscientisés, chacun persuadé que l'autre a eu un comportement déplacé.
Donc comment en sortir ?
Écoutez ce qui est réellement exprimé: une aide a-t-elle été demandée ? Posez donc la question : "Est-ce que je peux t'aider ?"
Donnez à l'autre la possibilité de se positionner: "est-ce que je peux faire quelque chose pour t'aider ?"
Respectez la réponse. Bien souvent, il n'y a pas de réelle attente dans le discours, si ce n'est ce dont on a tous besoin: bénéficier d'une oreille attentive. Ainsi vous avez déjà permis à la personne de constater qu'elle a été écoutée par vous.
Enfin, si vous avez affaire avec un "bourreau", plutôt que de vous justifier et d'alimenter ses accusations incessantes, demandez-lui de l'argumentation. Il y a rarement une réelle consistance dans ses comportements gratuits et stériles.
Nombreux sont les ouvrages que vous pouvez trouver sur le sujet sur Internet ou dans votre médiathèque. Et pour ce qui est de la mise en place de ces nouveaux modes de fonctionnement, si vous souhaitez un coup de pouce, et des résultats sur le long terme, je serai ravie de vous accompagner.



















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